La Russie a remis en question la crédibilité du plan de paix actuel visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov a accusé les États-Unis d'avoir supprimé des accords clés d'une version antérieure du plan, sur lesquels le chef du Kremlin Vladimir Poutine et Donald Trump se seraient entendus cet été en Alaska. Si Washington ne répond pas aux exigences fondamentales de Moscou, «la situation changera radicalement».
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Il s'agit concrètement d'un plan en 19 points discuté à Genève avec des représentants ukrainiens et européens, qui remplace un document en 28 points élaboré avec la participation russe. Ce dernier contenait, du point de vue de Moscou, des éléments acceptables tels que des cessions de territoires ukrainiens à l'est, une limitation des forces militaires ukrainiennes ainsi qu'un renoncement à devenir membre de l'OTAN. Ces points ont maintenant été «supprimés», selon Lavrov, qui voit «toute une série de questions» qui doivent encore être clarifiées.
Parallèlement, le chef de la diplomatie russe a sévèrement critiqué l'Allemagne et la France pour avoir «simplement échoué» dans leur rôle de médiateurs en n'ayant pas mis en œuvre l'accord de Minsk de manière décisive. Selon les agences russes, Lavrov a déclaré textuellement: «Vous avez eu votre chance, les gens».
La Russie souhaite désormais s'appuyer sur d'autres médiateurs, notamment la Biélorussie, la Turquie, la Hongrie ainsi que les États-Unis. Lavrov a qualifié ces derniers de «seul interlocuteur sérieux», contrairement à Londres, Bruxelles, Paris et Berlin. «Nous attendons des États-Unis qu'ils nous informent lorsqu'ils estimeront avoir terminé leurs consultations avec le régime ukrainien et les Européens», a déclaré Lavrov.