Que ce soit lors de son élection, de son apparition après la catastrophe d’incendie à Crans-Montana ou en réaction à une question de la Weltwoche concernant le citoyen suisse Jacques Baud, sanctionné par l’UE: Beat Jans rit beaucoup dans l’exercice de sa fonction de conseiller fédéral socialiste. Le fait que cette expression plutôt incontrôlée ne soit pas toujours appropriée, Jans l’a démontré lundi après-midi, lors de la session de printemps en cours.
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Il s’agissait d’une motion de sa collègue socialiste, la conseillère nationale vaudoise Jessica Jaccoud, qui demande que les petits délinquants en difficulté financière, incapables de payer leurs amendes, ne purgent plus de peines privatives de liberté de substitution. Le Conseil fédéral, en premier lieu le ministre de la Justice compétent, recommandait d’accepter le texte. «Voler paie», titrait déjà la Weltwoche en septembre dernier à ce sujet.
Dans le cadre du bref débat, Michael Graber, conseiller national valaisan de l’UDC et docteur en droit, a voulu savoir du Conseil fédéral: «Comment entendez-vous garantir précisément que le droit soit appliqué? Ne paieront plus que ceux qui ont de l’argent. À ceux qui n’en ont plus, il n’arrivera rien. N’est-ce pas une capitulation de l’État de droit?» Et Jans a répondu: par un large sourire.
Jans n’a réagi que lorsque Graber lui a lancé: «Vous pouvez bien rire.» Le ministre de la Justice s’est alors soudain montré très sérieux: «Non, Monsieur Graber, les peines privatives de liberté de substitution restent possibles. Elles ne sont pas totalement exclues par cette motion.» La motion a été rejetée en bloc par le Conseil national. Le rire de Jans n’y aura sans doute pas aidé.